Bienvenue sur mon blog!

J’ai un problème avec une partie des conseils d’écriture qu’on peut trouver sur internet. En fait, j’en ai sept. Puisqu’ils sont à l’origine de la création de ce blog, je devrais sans doute commencer par là.

Selon moi, beaucoup trop de conseils d’écriture…
…mettent en avant des astuces simples mais inefficaces

L’écriture, c’est difficile, tous les écrivains sont d’accord là-dessus. Pourtant, à en croire de nombreux articles, tout ce qu’il faudrait pour bien écrire, c’est appliquer quelques astuces simples et rapides à mettre en place.

C’est tentant, bien sûr. Personne n’a envie d’entendre qu’il faut des années de pratique pour écrire un bon roman. Ce genre d’articles nous fait croire qu’en un minimum de temps et d’effort, sans même transpirer, on pourra écrire comme nos auteurs préférés, ou presque.

Mais les grandes leçons d’écriture demandent beaucoup de travail et de persévérance pour donner des résultats concrets. Et c’est bien ce que je reproche à ces astuces : elles ne donnent pas de résultats convaincants. La différence entre un débutant et un écrivain confirmé ne repose pas sur un ensemble de secrets bien gardés qu’il suffirait de découvrir pour “passer dans la cour des grands”. Le chemin le plus court est le plus séduisant, mais c’est aussi une voie sans issue.

…se focalisent sur des aspects totalement secondaires

Quand on débute, on se sent vite submergé par la quantité d’aspects qu’il faut apprendre à maîtriser : personnages, intrigue, structure, rythme, style, … Mais ce qui est encore pire, c’est que beaucoup de conseils semblent utiles mais nous emmènent en fait du mauvais côté.

On peut ainsi trouver des articles qui prétendent nous apprendre à développer de bons personnages et qui donnent des conseils pour leur trouver un nom, un style vestimentaire, des mimiques ou encore des tics de langage. Mais il ne parlent pas de comment créer une personnalité cohérente et vivante ou de comment utiliser ses faiblesses pour le définir. Il y a des articles qui donnent 50 façons de décrire une émotion, mais aucune pour la faire ressentir. Il y a des articles qui s’étalent sur les différents types de tirets à utiliser pour les dialogues, mais pas sur le contenu des dialogues en eux-mêmes.

Quand on veut progresser, il y a des choses efficaces et des choses inutiles. J’ai le sentiment que beaucoup de conseils se concentrent sur les dernières.

…traitent de détails sexy mais pas de technique

On ne compte plus les articles qui présentent les meilleurs playlists pour écrire, les meilleurs logiciels d’écriture ou les modèles tout faits pour planifier des scènes. Mais qui parle des types de narrateur? Des avantages et inconvénients des différents modes de focalisation? Qui ose aborder ce qui fait vraiment l’écriture, ses techniques et ses outils, ses fondements? Pas grand monde. Pourtant, c’est un passage obligé pour apprendre le métier.

Dans Steering the craft, Ursula Le Guin dit : “[Les mots techniques] sont les mots dont vous avez besoin quand vous devez décrire ce qui va et ce qui ne va pas dans une phrase. Un auteur qui ne les connaît pas est comme un charpentier incapable de faire la différence entre un marteau et un tournevis”.

Mais la technique, ce n’est pas assez sexy, alors on préfère l’éviter, comme si ce n’était pas grave. Résultat : on confond synopsis et résumé, cliché et motif, conflit et violence. On parle d’action, mais pas de conséquences. On parle de suspense, mais pas d’ambiance. On parle de climax, mais pas d’enjeux. Et quand on se rend compte qu’on a écrit 300 pages et qu’on a choisi le mauvais narrateur, on regrette, un peu tard, de ne pas s’être intéressé davantage à la technique.

…abordent l’histoire comme un ensemble de parties indépendantes

Il y a ceux qui construisent l’intrigue avant les personnages et ceux qui pensent d’abord les personnages avant de les greffer sur une intrigue. Et puis il y a ceux qui, comme moi, pensent que les créer indépendamment n’a aucun sens.

Pourtant, la vision qui domine, c’est celle qui voit le récit comme un assemblage de différentes parties indépendantes qui, si elles sont bien construites, donneront forcément un roman de qualité. Alors on impose quelques traits de caractère à son personnage sans se soucier de son vécu, on élabore l’intrigue sans chercher à confronter ses faiblesses, on ajoute des sous-intrigues, un chapitre par ci, une description par là, et on prie pour que ça tienne, quitte à forcer un peu.

Mais le résultat ressemble davantage au monstre de Frankenstein qu’à autre chose. La fiction doit donner l’illusion de la vie, elle ne peut pas être construite comme on monte une horloge. Elle doit constituer un tout cohérent, naturel et organique, dont les éléments fonctionnent en relation par rapport aux autres et sont construits ensemble.

…sont déconnectés de la pratique réelle de l’écriture

Je me suis toujours demandé pourquoi on trouvait si peu de citations pour illustrer les conseils d’écriture. On nous dit toujours quoi faire mais on nous montre rarement comment le faire. Pourtant, il suffirait d’un exemple tiré d’un roman pour clarifier immédiatement certains doutes.

Je trouve que dans bien des cas, c’est un sacré aveu de la part de l’auteur. “Je vous dis quoi faire mais je ne suis pas capable de trouver un seul exemple réel pour vous prouver que des auteurs reconnus font vraiment ce que je prétends qu’ils font.” Parfois, on trouve même un exemple inventé pour l’occasion, totalement scolaire et artificiel, pour compenser l’absence d’exemple réel.

Quelle qu’en soit la raison, cette faiblesse ne peut avoir que deux origines. Ou bien l’auteur n’a pas fait l’effort d’appuyer ses conseils, ou bien il n’y a tout simplement rien pour les appuyer. C’est dommage, parce que c’est justement le genre d’attentions qui peut aider le lecteur à comprendre comment un conseil peut s’appliquer en pratique.

…ne sont pas appuyés par des arguments

Dans la droite lignée du point précédent, je regrette l’absence trop fréquente d’arguments pour soutenir et expliquer un conseil. Si on me dit pourquoi je devrais le suivre, alors je peux faire mon choix de manière éclairée et décider de le suivre ou non en fonction de mes objectifs. Mais si on me prive de cette justification, alors je n’ai qu’à obéir bêtement ou risquer de passer à côté d’un vrai bon conseil.

N’importe quelle bonne recommandation devrait être appuyée par des arguments, ne serait-ce que pour éclairer le lecteur sur les cas où elle s’applique ou non. Dans le cas contraire, c’est une règle, un dogme figé, ce qui, en écriture, revient à dire : une chimère.

En guise d’exemple, on citera le fameux “pour améliorer votre style, évitez au maximum les adverbes”. Une légion de débutants sont maintenant persuadés que le moindre adverbe est un faux pas et en traquent obsessivement les occurrences comme on traque les poux dans les cheveux d’un enfant. On oublie de remarquer que certains des plus grands auteurs d’hier et d’aujourd’hui en utilisent régulièrement.

…disent la même chose

C’est le constat le plus accablant. On peut penser qu’une discipline aussi riche et diversifiée que l’écriture devrait donner lieu à des débats houleux et à des divergences d’opinion tranchées. Au lieu de ça, il semble émerger un consensus quasi unanime quant aux méthodes qui permettent à un aspirant écrivain de s’améliorer. Les conseils sont répétés ad nauseam, la forme déguisée mais le fond intact, et des générations de débutants les appliquent religieusement sans trop se poser de questions, comme si chaque répétition conférait un peu plus de crédit.

Est-ce si grave?

Heureusement, ce constat ne s’applique pas à tout ce qu’on peut trouver sur internet. Il existe des blogs de qualité sur l’écriture. Des groupes Facebook avisés. Des fils Twitter argumentés. Des vidéos travaillées. Des podcasts honnêtes. Mais ils sont loin d’être majoritaires. Un débutant qui cherche à s’informer aujourd’hui a beaucoup plus de chances de tomber sur des conseils qui présentent certains des travers que j’ai mentionnés ici.

Mais en fin de compte, est-ce si grave?

Je crois que oui. Car ce constat était déjà valable quand j’ai débuté, et que ce genre de conseils m’a fait commettre de nombreuses erreurs évitables. J’ai gaspillé du temps, jeté des centaines de pages, recommencé des manuscrits. À deux reprises, j’ai été très proche d’abandonner par frustration. J’avais fini par croire que ce n’était pas pour moi. Après tout, j’avais fait tout ce qu’on m’avait dit de faire. J’avais scrupuleusement suivi tous les conseils et, de toute évidence, je n’étais toujours pas au niveau. C’était bien la preuve que je n’étais pas écrivain, non?

Mais j’ai lu un jour ce passage de Nietzsche :

“C’est ainsi que notre vanité, notre amour-propre, favorise le culte du génie : car ce n’est qu’à condition d’être supposé très éloigné de nous, comme un miraculum, qu’il ne nous blesse pas. (…) Nommer quelqu’un « divin » c’est dire : « ici nous n’avons pas à rivaliser ».”

Il m’a convaincu que le don, le talent, le génie n’étaient que des excuses qu’on se donnait pour se décharger du travail et de l’effort nécessaires pour arriver à leur niveau. Alors j’ai décidé de m’accrocher. J’ai fini par devenir bien plus critique et, à force de pratique, j’ai pu apprendre à trier ce qui fonctionnait de ce qui ne fonctionnait pas. Aujourd’hui, j’ai une expérience que les débutants n’ont pas, et je veux leur éviter de reproduire mes erreurs, leur éviter ma frustration et mes envies de tout arrêter.

Je suis convaincu que n’importe quelle personne qui le souhaite peut devenir écrivain, car c’est un métier qui s’apprend. Mais je suis aussi convaincu que c’est un métier exigeant, bien plus exigeant qu’on ne le croit, et que laisser entendre le contraire pour faire du clic ne fait que condamner une génération de novices à un échec retentissant. Apprendre à bien écrire est un travail de longue haleine qui ne s’improvise pas en lisant des top 10.

“La critique est plus facile que de faire mieux”

Pendant trop longtemps, quand je lisais des conseils malavisés, je me suis contenté de lever les yeux au ciel et de secouer la tête. Mais depuis que je suis devenu coach, je prends la mesure des dégâts qu’ils engendrent. Je suis aux premières loges pour constater les exigences insensées qu’on fixe aux débutants, les avis subjectifs qu’on fait passer pour des règles universelles et les efforts totalement inutiles qu’on préconise encore malgré l’absence de résultats.

J’étais face à un choix. Je pouvais regretter cet état des lieux, ou je pouvais commencer à essayer de faire partie de la solution. Je ne prétends pas avoir raison contre tous, je ne me prends pas pour le Galilée du conseil d’écriture. Je l’ai mentionné, il existe déjà des blogs très pertinents qui accomplissent un travail remarquable. Mais si je peux créer moi aussi un blog de qualité, un blog où on entend un autre son de cloche et où on découvre une vision personnelle et inédite de l’écriture, je pourrai être fier de moi.

Ce blog, c’est celui sur lequel j’aurais voulu tomber quand j’ai commencé.

Ce que vous trouverez sur mon blog

  • Des articles de fond qui explorent un thème en détail
  • Des exemples concrets tirés de la littérature
  • Des méthodes complètes qui ont fait leurs preuves
  • Des critiques argumentées de mauvais conseils répétés partout
  • Une vision unique et originale de l’écriture
  • Des conseils inédits, parfois à contre-courant, mais toujours argumentés
  • De solides bases techniques pour avancer sereinement
  • Des encouragements bienveillants et des moyens de retrouver la confiance
  • Des conseils de lecture précis, orientés pour l’écriture

À qui s’adresse ce blog?

Il y a deux façons d’apprendre la guitare (faites-moi confiance). La première, c’est de télécharger une application pour apprendre les quatre accords les plus fréquents et ainsi pouvoir jouer la majorité des musiques populaires. C’est rapide et ça donne vite l’impression à un profane que vous savez “jouer de la guitare”. La deuxième, c’est d’apprendre à maîtriser son instrument. C’est de faire ses gammes, d’apprendre à lire une tablature, d’explorer des genres, d’essayer des techniques et des outils. Ça prend beaucoup plus de temps, mais la récompense vaut le coup.

L’écriture n’est pas différente. Il n’y a pas de raccourcis, pas de secret en trois étapes qui transforme n’importe qui en auteur de bestseller.

Ce blog s’adresse à tous ceux qui veulent plus que des progrès de surface, plus que des astuces et des playlists. Il s’adresse à ceux qui sont prêts à entrer dans le vif du sujet, à se retrousser les manches et à s’améliorer vraiment.

Un blog objectif?

On reproche souvent à ceux qui donnent des conseils de prendre leur cas pour une généralité et de présenter comme une panacée ce qui ne fonctionne que pour eux. Je crois que la critique n’est pas pertinente.

Bien sûr que les blogs d’écriture sont subjectifs, le mien en tête de file, mais celui qui attend un blog objectif va attendre longtemps.

N’importe quel écrivain doit passer par l’expérimentation. Il va forcément essayer des choses qui ne fonctionneront pas pour lui, c’est normal. Ça fait partie du processus d’apprentissage.

Mais on peut parfaitement être subjectif et proposer des méthodes neuves. On peut être subjectif et offrir une perspective nouvelle.

Chacun a sa vision de l’écriture, mais c’est en diversifiant ses sources qu’on apprend le mieux. C’est le contraste des opinions qui produit les visions les plus riches et les avis les plus éclairés.

Alors, dans toute ma subjectivité, je prétends apporter une vision suffisamment originale pour qu’elle mérite d’être comparée aux autres. Peut-être que certains de mes conseils ne fonctionneront pas pour vous. Mais peut-être qu’ils vous aideront là où les autres n’ont rien pu faire. La seule façon de le savoir, c’est de me lire et d’essayer.

Qui je suis

Je m’appelle Cyril Destoky et je suis auteur et coach en écriture. Après cet interminable préambule, il est grand temps que je vous souhaite la bienvenue sur mon blog!

J’ai très tôt montré des affinités pour l’écriture, mais je me suis laissé décourager par ceux qui me répétaient sans cesse que cette activité ne me mènerait à rien. C’est il y a dix ans que j’ai décidé que j’avais commis une erreur. Je me suis remis à écrire, mais sérieusement, cette fois.

Aujourd’hui, la majorité de mon temps est dédiée à l’écriture et à la lecture. Je ne le regrette pas. Je rencontre des élèves pour parler de mes textes, je participe à des séances de dédicaces et je vois des gens acheter mes livres en librairie. Donc non, on ne peut pas dire que “ça ne mène à rien”.

Je suis persuadé que si j’en suis là aujourd’hui, c’est parce que j’ai arrêté de laisser les autres décider à ma place de ce qui était bon pour moi. Mon seul regret est de ne pas l’avoir compris plus tôt.

J’arrive très bientôt avec un premier article dense et original qui, je l’espère, vous plaira.

Conclusion

Dans le passage que j’ai cité plus haut, Nietzsche fait allusion à Goethe, immense poète allemand, qui appelait Shakespeare son “étoile des hauteurs lointaines” et affirmait : “on ne désire pas les étoiles, on se réjouit de leur splendeur”. Il plaçait Shakespeare parmi les étoiles comme pour souligner son génie inaccessible, qu’on ne peut qu’admirer d’en bas.

Mais, comme Nietzsche, j’aimerais qu’on cesse de se réjouir et qu’on se mette à désirer. J’aimerais que ce blog démontre à qui est prêt aux efforts que le ciel n’a rien de lointain et qu’en tendant le bras, on peut toucher les étoiles.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *